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La Wallonie et les régions françaises,
Approche comparée des identités régionales

  Enquête 1998


 

- 1998 - Identités régionales : index
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Introduction

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Fiche technique des enquêtes 1998
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Communiqué de presse 22.04.1999
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Questions et graphiques de l'enquête 1998

Communiqué de presse

Mme Elisabeth Dupoirier, directeur de l'Observatoire interrégional du Politique et directeur de recherches à la Fondation nationale des Sciences politiques à Paris, André-Paul Frognier, promoteur du Point d'Appui interuniversitaire sur l'Opinion publique et la Politique et responsable de l'Unité de Science politique et de Relations internationales de l'UCL, et Philippe Destatte, directeur de l’Institut Jules Destrée, ont présenté ce mercredi à Liège, au Conseil économique et social de la Région wallonne, les premiers résultats de l'étude 1998 menée dans les régions françaises et en Wallonie sur l'identité régionale.

Cette étude comparative, réalisée sur base annuelle depuis 1985 dans les régions françaises, est effectuée selon le même modèle pour la première fois en Wallonie. Il s’agit d’une l'initiative de l'Institut Jules Destrée qui a bénéficié du soutien du gouvernement wallon et plus particulièrement du ministre-président Robert Collignon, qui était d’ailleurs représenté.

Lorsque l'on examine les résultats de l’étude comparative entre les régions françaises et la Wallonie, il faut d’abord avoir a l'esprit les différences de contextes institutionnels entre des régions françaises, qui sont les fruits d’une décentralisation, et une région belge qui constitue une entité fédérée (l'exclusivité des compétences en Wallonie – le partage des compétences en France; l’équipollence des normes en Wallonie – la subordination des normes en France). Ensuite, il faut se rappeler les différences de contexte des opinions publiques à l’automne 1998, époque à laquelle a été réalisée l’étude : une France euphorique alors que la République vibrait encore des effets de la coupe du monde et d’une vision idyllique de la cohabitation, les contextes politiques régionaux différents puisque les conseils régionaux venaient d'être renouvelés en France tandis que, en Wallonie, le Conseil régional achevait son mandat.

Toutefois, plusieurs comparaisons méritent d’être mises en exergue :

1. L'identité régionale est faible en Wallonie, comparée aux régions françaises et surtout à des régions comme la Corse ou la Bretagne. Ce résultat peut étonner vu la différence de statut entre la Wallonie et les régions françaises. Cependant, il peut s'expliquer par le niveau global assez faible des identités territoriales en Belgique francophone, y compris de l'identité nationale belge, dont l'intensité est beaucoup plus limitée elle aussi que l'identité nationale française.

2. Les Wallons connaissent mal les mots qui caractérisent leur région. Ils sont plus ignorants que les Français du nom même de leur région, comme de celui de sa capitale. En revanche, ils connaissent un peu mieux celui de leur ministre-président que les Français celui de leur président de région.

3. En Wallonie comme en France, la régionalisation apparaît inéluctable et peu songent à un retour en arrière. En Wallonie, on est majoritairement heureux des compétences actuelles de la Région, bien qu'un tiers des Wallons souhaite encore un approfondissement de la régionalisation.

4. Les identités territoriales ne sont pas indépendantes des autres identités territoriales, comme celles qui portent sur la nation ou sur l'Europe. Au contraire, elles paraissent s'emboîter les unes dans les autres de manière assez harmonieuse.

5. Les régions renvoient d'abord, en France comme en Wallonie, à des évocations de lieux de culture, d'histoire et de communauté humaine. En Wallonie, on note cependant une signification largement absente des mentalités françaises : celle d'un lieu de débat politique. Toutefois, ceux qui s'identifient le plus à la région le font sans référence particulière à la dimension politico-institutionelle, ni à l'évaluation des compétences de la région. L'identité régionale n'a pas de contenu véritablement politique.

6. L'identité régionale n'est cependant pas sans effet, tant en France qu'en Wallonie : elle augmente les jugements positifs quant à son dynamisme et son avenir, tout comme elle accroît la demande d'actions sectorielles. Ces attentes concernent, dans l'ordre, d'abord l'éducation et la formation, puis l'environnement, le social et les aides au développement économique suivis, en Wallonie, par les nouvelles techniques d'information et de communication et, en France, par les routes.

L’étude complète, avec les analyses des professeurs Elisabeth Dupoirier et André-Paul Frognier, sera disponible début mai 1999, à l’Institut Jules Destrée.

 

 

Institut Destrée, Centre de recherche européen basé en Wallonie

Mise à jour le 27-07-2007

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