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Christine Mahy, Le Miroir Vagabond

Institut Destrée, Centre de recherche européen basé en Wallonie

Prix de la Wallonne de l'année 2005
Namur, 16 janvier 2006

Christine MAHY
Le Miroir vagabond
2 Vieille Route de Marenne - B-6990 Bourdon - Wallonie
+32 (0)84 311 946 - miroirvagabond [at] scarlet.be

En choisissant Christine Mahy comme Wallonne de l'année 2005, le jury et le Conseil d’administration de l’Institut Jules-Destrée ont voulu rendre hommage à une actrice exemplaire de l'action socio-culturelle en Wallonie, promotrice d'une action globale de développement local et régional en milieu rural touchant l'ensemble de la population.

Pour rappel, le Prix Bologne-Lemaire de la Wallonne ou du Wallon de l’année a été instauré en 1976 à l’initiative de la Fondation Maurice Bologne-Lemaire, dont l’objet est l’octroi d’un prix annuel à une personne qui, par son action sociale, économique, politique ou culturelle aura le mieux servi les intérêts de la société wallonne.

Christine Mahy est née en 1960 à Marloie (province de Luxembourg).

Elle vit et grandit dans une agréable famille de milieu moyen, dans  une région qui  connaît peu la lutte sociale et collective. La conscience politique est plus que faible et les engagements dans la sphère collective peut valorisés.

Elle fréquente l’Institut de la Sainte-Famille à Jemelle (humanités scientifiques), ce qui lui permet  d’ouvrir les yeux sur des réalités de l’organisation de la société qu’elle ne soupçonne pas :

‑ prendre le train vers Jemelle lui ouvre les yeux sur  le monde ouvrier organisé/syndicalisé, les très nombreux travailleurs de la province de Luxembourg qui rentrent chez eux de leur travail de nuit effectué à Bruxelles…

‑ fréquenter un petit établissement scolaire où seules deux sections se côtoient  (humanités scientifiques et la section professionnelle) font apparaître les différences valorisées ou non et l’existence de classes sociales…

‑ aller vers Jemelle plutôt que vers Marche-en-Famenne, c’etait se rapprocher d’ un monde  prolétaire …plutôt que vers les classes montantes composés des métiers de "robes" et des services…

‑ rencontrer la première personne qui va orienter ses choix à l’avenir : Ywan Moxhet qui souhaite développer un modèle "d’école participative" et qui ouvre les étudiants à la culture. Tout cela est totalement nouveau pour elle.

Ces éléments furent déterminants par rapport à ses choix futurs.

 

En 1978, Christine Mahy s’oriente vers les études d’assistante sociale avec la conviction de pouvoir changer le monde.

Si la formation intellectuelle reçue est de qualité, par contre un forte déception quant aux missions et aux pratiques des assistants sociaux se confirme dans sa tête :

‑ l’assistance est plus qu’à l’œuvre…

‑ il s’agit de ramener les personnes dans le droit chemin…celui des citoyens

‑ les modes de vie, la culture des personnes et l’analyse de l’organisation et du fonctionnement de la société sont très peu présents.

Cette découverte provoque pour elle la certitude de devoir développer des projets de développements communautaires dans sa région en milieu rural, démarche totalement inexistante à l’époque. Durant l’année académique 1981-1982 elle a l’audace de créer un tel projet dans le cadre de son stage de troisième année d’assistante sociale, s’autorisant une forme de "désobéissance citoyenne"…il n’y a à cet endroit aucun cadre de stage digne de ce nom, pas de "chef de stage" ! C’est de cette façon que naîtra l’asbl "La chenille", une maison de quartier qui existera durant une vingtaine d’année dans une cité d’habitation sociale de Marche-en-Famenne.

Les projets de formation et d’émancipation des adultes par l’alphabétisation, la mise dans la rue de la littérature pour l’enfance et la jeunesse, la conception de l’animation collective prennent racines à partir de cette maison de quartier pour se développer de plus en plus.

Les rencontres humaines sont de nouveau déterminantes pour la suite de ses engagements dans le cadre privé, professionnel et dans la société civile. En particulier les rencontres très fréquentes avec la population de la communauté turque de Marche et avec des populations très fragiles de ce quartier l’éclairent sur l’évidence que les personnes ont le désir d’une existence culturelle, économique, sociale, qui puisse être réelle dans la collectivité locale et régionale.

Une certitude se construit dans sa tête, qui à sa mesure constitue une révolution pour elle : culture et social sont indissociables, l’éducation permanente constitue la clef de voûte d’un travail pertinent, les rapports de force sont à l’œuvre dans l’organisation de la société car un modèle "intégrateur" est bien en action.

 

En 1984 la rencontre avec Daniel Seret, artiste peintre né et vivant à Durbuy, lui permet de débattre et pratiquer ce lien étroit entre Culture et Social. Très vite le courant passe et une action socioculturelle commune est développée au sein de la maison de quartier.

Cette même année, Christine Mahy est engagée au jeune Centre Culturel Local de Marche-en-Famenne. Elle y travaillera 14 ans. Durant 7 ans elle y portera les actions d’éducation permanente et durant 7 ans elle en fut la directrice.

Durant toute cette période de direction de l’institution, Christine Mahy orienta toutes les actions et le fonctionnement de l’institution dans une perspective de démocratie culturelle et dans une démarche globale d’éducation permanente. "L’infrastructure" (espace-temps, espace-lieu, ressources en personnel) fut accessible/utilisée par l’ensemble des classes sociales ou groupes sociaux. C’est donc possible.

A son actif de façon particulière dans ce cadre professionnel :

‑ l’affiliation de 11 communes rurales au Centre Culturel Régional et la pratique réelle de la "décentralisation" par la mise en place  d’outils et de méthodes de travail spécifiques

‑ l’ouverture importante, qui permit son extension par la suite en province de Luxembourg, au Théâtre-Action

‑ le développement de projets socioculturels qui "agissent" le social/l’organisation de la société et s’éloigner de la culture "monstration" et/ou "illustration"

‑ l’intérêt pour la culture anthropologique, les pratiques et souhaits culturels collectifs locaux et régionaux, pour faire émerger des processus créateur-porteur de "mobilité" culturelle et sociale

‑ le développement de méthode et processus qui permettent aux populations non seulement d’accéder à la culture mais surtout de créer/produire de la culture

‑ l’ouverture à l’expression des jeunes et à la place qu’ils "n’occupaient pas" par la mise en place d’un processus de maison de jeunes/projets de jeunes « hors les murs ». Avec d’autres, elle fut aussi à l’initiative de la création du Point-Relais Infor-Jeunes installé à Marche.

Christine Mahy se nourrira et sera influencée dans ses choix professionnels et engagements dans la société par les réflexions, recherches, analyses et démarches de terrain de Daniel Seret, Yvette Lecomte, Emile Hesbois et Jean-Pierre Nossent.

Parallèlement à cette fonction professionnelle, Christine Mahy continue à développer les actions et projets au sein de la maison de quartier "La Chenille".

C’est ainsi qu’en 1986, avec Daniel Seret et la communauté turque de Marche créent une vaste exposition-création "Portraits et Paysages turcs" qui fut une réelle mise en pratique de l’animation-création.

En 1987, les mêmes personnes associées à Alain Genin conçoivent et mette en œuvre un projet de développement socioculturel ambulant : "Le colporteur de savoirs et d’expression" (atelier peinture, lecture de jeunesse et informatique ambulants).

 

En 1995, l’asbl "La chenille" se dissout pour donner vie à deux associations, l’AMO "Mic-ados" service d’aide aux jeunes localisé à Marche-en-Famenne ayant pour mission d’agir sur le nord de l’arrondissement de Marche, et le Miroir Vagabond asbl localisée à Bourdon (Hotton) ayant pour mission de développer ses projets en milieu rural, essentiellement dans le nord de la province de Luxembourg.

Elle accompagnera Jacky Adam pendant quelques années dans la mise en œuvre d’actions liées à la récolte de la mémoire vivante au travers de l’asbl "Mémoire de l’Ourthe".

 

C’est dans le courant de l’année 2000-2001 que son engagement militant rejoint son engagement professionnel. En effet, c’est au sein de l’asbl "Miroir Vagabond" que celle-ci poursuit sa vie professionnelle jusqu’à ce jour.

Elle formalise au sein de cette asbl un projet de développement socioculturel intitulé "Contrat de Pays Ourthe-Salm" sur le territoire de 6 communes du nord de la province de Luxembourg.

Les questions d’identité, de territoire, de circulation des populations, de participation des populations à la vie de la cité prennent toujours d’avantage d’importance dans les démarches qu’elle promeut. Celles-ci mettent en avant les pratiques collectives de participation.

Des postes de travail sont créés, des personnes souhaitent rejoindre la philosophie de travail du Miroir Vagabond, des jeunes veulent s’investir dans ce sens en région rurale. C’est une équipe pluridisciplinaire ( 25 personnes dont les compétences vont du travail artistique à l’interprétariat social) qui porte, active et concrétise les projets.

Convaincue qu’il est indispensable de faire évoluer la société vers plus d’équité, pour enrayer les phénomènes de pauvreté, en faveur d’une société plus collective et consciente de l’enrichissement des différences, et de l’importance de la prise en compte des minorités, Christine Mahy s’investit dans l’asbl Centre de Médiation des Gens du Voyage en Wallonie, et dans le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté dont elle vient de prendre la présidence.

Par ailleurs dans des contextes formels et informels, elle tend à réfléchir/influencer/construire des liens/actions/processus de travail entre le secteur associatif et le secteur public dans un lien avec les populations.

 

 

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