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Professeur Janos B.Nagy (Photo Belga, Benoît Doppagne) - 26.04.2005.
BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE
Institut Destrée, Centre de recherche européen basé en Wallonie Prix du Wallon de l'année 2004
Namur, 26 avril 2005
Jànos B.Nagy
Professeur aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur
Fondateur de la société spin-off Nanocyl

Le Prix Bologne-Lemaire du Wallon de l’année 2004 a été remis ce 28 avril 2005 au professeur Jànos B.Nagy.

Le Professeur Jànos B.Nagy est né à Akaszto, en Hongrie, en 1941. Il a obtenu son diplôme à l'Université catholique de Louvain en 1970. Sa formation de base est la chimie physique organique. Depuis 1982, il est professeur aux Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur et, depuis 1994, directeur du Laboratoire de Résonance magnétique nucléaire. Parmi ses domaines de recherche, on trouve l'application de la résonance magnétique nucléaire à la catalyse hétérogène, l'analyse des catalyseurs solides par la résonance magnétique nucléaire, la synthèse et l'analyse de nanotubes de fullerenes et de carbone, la préparation de nanoparticules monodisperses inorganiques et organiques à partir de microémulsions.

Fondateur de la spin-off NANOCYL, qui produit et vend des nanotubes de carbone dans le monde entier, le Professeur Jànos B. NAGY est auteur de plus de cinq cents publications scientifiques, coauteur d'un ouvrage sur les zeolites et coéditeur de trois livres. Membre fondateur du Comité pour les Droits de l'Etre humain en Europe centrale, Docteur Honoris Causa de l'Université de Szeged, il est également membre extérieur de l'Académie hongroise des Sciences et membre honoraire de l'Académie hongroise des Ingénieurs. Il a également reçu le titre de citoyen d'honneur de Namur en 2002.

En choisissant le Professeur Jànos B.Nagy comme Wallon de l’année 2004, le jury et le Conseil d’administration de l’Institut Jules-Destrée ont voulu rendre hommage à un grand scientifique qui a su porter ses recherches jusqu'à la création d'une spin-off prometteuse pour la modernisation de la technologie et de l'économie wallonnes.

Pour rappel, le Prix Bologne-Lemaire de la Wallonne ou du Wallon de l’année a été instauré en 1976 à l’initiative de la Fondation Maurice Bologne-Lemaire, dont l’objet est l’octroi d’un prix annuel à une personne qui, par son action sociale, économique, politique ou culturelle aura le mieux servi les intérêts de la société wallonne.

Le prix n’ayant plus été attribué de 1991 à 1995, le Conseil d’administration de l’Institut Jules-Destrée, en accord avec la Fondation Bologne-Lemaire, a décidé en juillet 1996 de rendre vigueur à cette initiative et de décerner à nouveau ce titre à une personnalité. Un jury a donc été constitué sous la présidence de Jacques Lanotte, ancien directeur de l’Institut Jules-Destrée et directeur général des Affaires culturelles du Hainaut. Ce jury est composé d’administrateurs de l’Institut Jules-Destrée et de la Fondation Bologne-Lemaire, actuellement présidée par l’ancien sénateur et ancien juge à la Cour d’Arbitrage, l’économiste Yves de Wasseige.

Le nouveau prix, d’un montant de 1250 €, a été décerné en 1997 (Wallon de l’année 1996) au comédien et scénariste Jean-Claude Derudder. L’objectif était tant de saluer l’œuvre corrosive et provocante de cet acteur flamboyant, que de rappeler l’importance de la culture comme force de réflexion, de résistance et de changement. Quant au prix 1997, il a été décerné aux frères Luc et Jean-Pierre Dardenne pour leur œuvre cinématographique et documentaire en général, et pour leur long métrage La Promesse, en particulier. En 1998, le prix a été attribué à Michel Foucard, président du Groupe Technord et vice-président de l'Union wallonne des Entreprises, pour son engagement dans le domaine de la qualité et de la citoyenneté des entreprises wallonnes. En 1999, c’est Philippe Suinen, directeur général des Relations extérieures de la Région wallonne, et administrateur délégué de l’Agence wallonne à l’Exportation qui reçoit le prix pour son action dynamique. En 2000, le prix a été attribué à Thérèse Snoy, secrétaire générale d’Inter-Environnement Wallonie au titre de l’implication de la société civile dans la nouvelle gouvernance régionale. En 2001, c’est le pongiste Jean-Michel Saive qui recevait le prix, témoin de l’importance du sport dans notre société ainsi que des valeurs qu’il peut véhiculer. En 2002, le prix était décerné au dramaturge wallon Jean Louvet pour l’ensemble de son œuvre. En 2003, Robert Halleux, spécialiste mondialement reconnu de l’histoire des sciences, des techniques et de l’industrie a été lauréat.

Les noms de Maurice Bologne et de son épouse, Aimée Lemaire, fondateurs en 1938 de l’Institut Jules-Destrée, président et directrice des travaux de 1960 à 1975, grands Résistants, sont particulièrement bien choisis pour illustrer cette volonté des Wallons d’honorer ceux qui œuvrent à donner à leur région une image de qualité, de dynamisme et de défense des valeurs humaines et démocratiques.

Les nanotubes et Nanocyl

Créée en 2002, Nanocyl est une spin off des Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur. Elle a été fondée au départ des recherches effectuées par le professeur Jànos B.Nagy et son équipe sur un nouveau matériau prometteur, les nanotubes de carbonne. Découverts au début des années 1990, ceux-ci sont de minuscules cylindres creux de carbone pur d'un diamètre de l'ordre du nanomètre, soit un milliardième de mètre. Ils sont plus résistants mais bien plus légers que l'acier, ils ont une conductivité électrique cent fois supérieure à celle du cuivre et une conductivité thermique double de celle du diamant. Ils sont biocompatibles, souples et creux. Mais ils ont des défauts qui ont freiné leur entrée dans le monde industriel : ils sont difficiles à fabriquer et ils s'utilisent comme additifs plutôt que comme matériaux pur. Autrement dit, ils communiquent leurs propriétés à la matière à laquelle ils sont mélangés. Ce qui nécessite de convaincre divers secteurs industriels de leur utilité.

Lorsque Nanocyl a démarré en 2002 au sein de l'Université namuroise, elle produisait quelques grammes de nanotubes par jour. Le prix de revient était de 500 euros le gramme, ce qui rendait ses applications dans le secteur industriel très difficiles, excepté dans le domaine spatial et militaire. La première tâche des actionnaires de l'entreprise et de son premier administrateur délégué, Dominique Jozeau, a donc été de sortir l'entreprise de l'Université et de développer des capacités de production qui permettent d'abaisser radicalement le prix de revient du matériau. Des conditions financières et techniques devaient donc être levées.

Défi financier et technique

Le développement du nouveau réacteur de production et l'installation de l'entreprise dans son usine pilote de Sambreville a représenté un investissement de deux millions d'euros, première étape d'un programme d'investissement de cinq millions d'euros. Cet investissement a été rendu possible par une augmentation de capital passé de 500.000 à quatre millions d'euros et un prêt de 900.000 euros consenti par Fortis Banque. La Région wallonne par le biais de la DGTRE, a continué à soutenir le développement de l'entreprise en lui accordant une avance récupérable de 1,5 million d'euros.

Pour relever le défi technique de développer un prototype de système de production semi-industrielle permettant l'abaissement des coûts, Jànos B.Nagy, premier président de l'entreprise, avait rapidement pris contact avec le professeur Paul Pirard, responsable du laboratoire de génie chimique de l'Université de Liège. La méthode retenue par les chimistes liégeois est dite du dépôt catalytique en phase vapeur. C'est sur base de ce prototype, qui a fait l'objet de plusieurs brevets dont l'Université de Liège a cédé l'exclusivité d'exploitation à Nanocyl, qu'a été construit le nouveau réacteur inauguré à Sambreville début mars 2005.

Grâce au nouveau réacteur, la production est passée de quelques grammes à 15 kilos de nanotubes par jour qui fait de l'entreprise namuroise un des principaux producteurs mondiaux du secteur, particulièrement dans la catégorie des nanotubes multiparois. Le coût oscille aujourd'hui entre quelques centaines et mille euros par kilo (et non plus par gramme comme en 2002). L'entreprise occupe aujourd'hui 17 personnes.

Nanocyl joue également un rôle important en matière de recherche puisqu'elle est partie prenante dans cinq projets européens soutenus par le sixième programme-cadre et qu'elle a noué des accords avec plusieurs universités européennes.

Le futur de l'entreprise passe maintenant par un nouvel abaissement des coûts de production et par un développement de ses marchés. Aujourd'hui, les nanotubes namurois sont déjà utilisés dans le développement d'une nouvelle génération d'écrans plats, dans la mise au point de fils électriques aux propriétés ignifuges renforcées et dans la fabrication de files synthétiques à haute résistance pour des blindages.

En 2004, Frost & Sullivan avait décerné à Nanocyl la distinction "Entrepreneurial Company of the year". Ce prix décerné chaque année aux Etats-Unis, est reconnu mondialement aussi bien par les acteurs du monde industriel que par les investisseurs et les médias. Il récompense l'entreprise qui a réussi à créer un produit à la fois révolutionnaire et porteur d'un large potentiel commercial. Cette distinction salue également la qualité et l'efficacité de la stratégie adoptée par la société primée.

(d'après Athena, Avril 2005)

Jànos B.Nagy

Diplômes universitaires

Candidatures en Sciences Chimiques à l'Université Catholique de Louvain (1961-1963)

Licences en Sciences Chimiques à l'Université Catholique de Louvain (1963-1965)

Docteur en Sciences de Université Catholique de Louvain (1970)

Carrière scientifique

1965-1967 : Boursier de Fonds National des Etudes.

1967-1971 : Assistant, Université Catholique de Louvain.

1971-1972 : Post-doctorat, State University of New-York, Stony Brook USA.

1972-1973 : Assistant-chercheur, Université Catholique de Louvain

1974-1976 : Premier assistant, FUNDP, Namur.

1976-1982 : Chef de Travaux, FUNDP, Namur.

1982-1990 : Chargé de cours associé, FUNDP, Namur.

1990 : Professeur, FUNDP, Namur.

1995 : Directeur du nouveau Laboratoire de Résonance Magnétique Nucléaire.

2001 : Professeur ordinaire

2002 : Fondation de la société spin-off NANOCYL

Prix scientifiques

1970 : Prix Jean Stas de l'Académie Royale des Sciences.

1970 : Prix Pierre Bruylants des Chemici Lovanienses.

1988 : Officier de l'Ordre de Léopold II .

1999 : Docteur Honoris Causa de l’Université de Szeged (Hongrie).

2005 : Membre d'honneur de l'Académie des Ingénieurs Hongroise

Membres de sociétés scientifiques

Académie des Sciences Hongroise

Société Royale de Chimie

American Chemical Society

Royal Society of Chemistry

Materials Research Society

Société Scientifique de Bruxelles

Eurocat (associated)

Honorary member of Hungarian Group of Zeolites

Plus de 500 publications parues ou acceptées, plus de 315 communications à des congrès internationaux, co-auteur de 3 livres scientifiques…

Connaissances linguistiques

Excellente-bonne: Hongrois, Français, Anglais, Italien et Néerlandais
Moyenne-faible: Espagnol, Allemand, Russe et Japonais

Collaborations scientifiques

Au niveau de la Région wallonne

1) SYNATEC n° 0014526

2) BINANOCO

Au niveau du FNRS

1) Crédit équipement FRFC

2) Plusieurs crédits aux chercheurs

Au niveau national

1) Pôles d’Attraction Inter universitaires n° 4/10 sur le «Systèmes à dimensionalité réduite»

Au niveau international

1) Projet TMR européen NAMITECH, «Nanotubes for Microstructure Technology»

2) Projet RTN européen NANOCOMP «Large scale synthesis of carbon nanotubes and their composite materials»

3) Collaboration CGRI-Hongrie, Université de Szeged, «Les nanotubes de carbone et les composites inorganiques»

4) Collaborations CGRI-France, Tournesol, ENSCM de Montpellier, «Catalyse sur des matériaux microporeux»

5) SmithKline Beecham, «Caractérisation des supports de médicaments»

Collaborations industrielles

Air Liquide, France «RMN en phase solide et adsorbée»

Agfa-Gevaert, «Nanoparticules d’halogénures d’argent»

Rhone-Poulenc, «Les nanoparticules organiques»

Neste, Finlande «Simulation des spectres RMN-13C des fractions d’huiles»

Projet FIRST Université avec TotalFina-Elf, « Les matériaux composites polymères- nanotubes de carbone»

 

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