"Wallonie 2020", Cinquième congrès "La Wallonie au futur" -  Institut Jules Destrée - Troisième phase

Wallonie 2020 : Actions stratégiques innovantes
Troisième phase - septembre 2003

Rapport de l'Enjeu 2

Apprendre et entreprendre

"Wallonie 2020", Cinquième congrès "La Wallonie au futur" -  Institut Jules Destrée - Troisième phase  
Président : Jean-Louis Dethier

Vice-président : Daniel Collet

Rapporteur : Henri d'Anethan

Nous nous sommes limités à trois actions, qui parfois comprennent d’autres propositions du groupe, qui apparaissent comme sous-actions.

Chacune de ces actions contribue à la réalisation d’un « souhaitable » défini par la phase 2. Pour nous conformer à la méthode, nous avons retenu comme contribution celle qui nous semblait la plus forte en grisant la colonne correspondant à celle-ci. Il nous semble cependant que, si l’on ne retient qu’une seule action, la mettre en œuvre contribuera à l’ensemble des souhaitables – ce qui tend à montrer – si nécessaire - que ceux-ci participent d’une même stratégie.

Cependant, le groupe n’a exprimé que quelques actions. Il faut les considérer à la fois comme des propositions, mais aussi comme des exemples de ce qu’il est possible de faire (ou de faire mieux ou davantage, car certaines actions sont déjà en cours) : d’autres actions sont possibles, et nécessaires pour faire évoluer la société wallonne vers les souhaitables.

Le groupe s’est essentiellement préoccupé de l’enseignement, et dans une mesure moindre de la formation et de la recherche. Aucune action ne s’adresse directement aux adultes pour développer leur capacité entrepreneuriale. En effet, le groupe a estimé que, puisque les élèves qui entrent en primaire aujourd’hui seront adultes en 2020, c’est surtout cette génération qu’il y a lieu d’orienter et d’outiller différemment et dès maintenant pour que les souhaitables dans ce domaine deviennent réalité durable.

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Option 2.1. Libérer les initiatives et lever les contraintes structurelles

Action 2.1. : Promouvoir l’école de l’initiative

L’esprit d’initiative, un des constituants de l’esprit d’entreprendre, doit s’acquérir et s’exercer dès le plus jeune âge. Cependant, l’école est enfermée dans d’étroites contraintes structurelles qui pèsent sur toutes ses parties prenantes : enseignants, directions, élèves.

L’action consiste à utiliser dans l’enseignement des techniques nouvelles de management, utilisées aujourd’hui dans d’autres univers car rendues indispensables pour permettre aux entreprises, aux administrations, au secteur associatif de s’adapter aux exigences de la société post-industrielle : gestion de projets, travail en équipe, gestion par objectifs, prospective, évaluation.

Pour effectivement libérer les initiatives, ces techniques doivent être mises en œuvre de façon intégrées, pour non seulement faire évoluer le contenu des cours et la pédagogie, mais aussi la culture du monde de l’enseignement :

§          donner une réelle autonomie de gestion aux établissements et aux enseignants leur restituera une possibilité d’initiative et de responsabilité, ainsi que d’expérimentation de méthodes et de pratiques innovantes,

§          ce comportement d’initiative et de créativité est indispensable à stimuler pour assurer une dimension de pédagogie par l’exemple qui ne peut que faire défaut dans le cadre institutionnel actuel,

§          il est indispensable de doter les enfants, dès leur plus jeune âge, des outils de self-management nécessaires pour s’épanouir dans la société de la connaissance de demain.

Cette autonomie doit permettre à l’enseignement d’adapter son fonctionnement interne, son rôle éducatif, ses méthodes d’apprentissage à l’évolution de la société, conformément à sa finalité première : former des citoyens.

L’action implique donc une révision profonde du fonctionnement de l’enseignement. Nous proposons la mise en œuvre des mesures suivantes :

§          mettre en place un système de fonctionnement par délégation (donner aux institutions, dans la pratique, la liberté d’enseigner en respectant un cahier des charges minimum) ;

§          élaborer un cadre juridique à l’exercice de cette autonomie (autonomie soutenue par l’affirmation d’une finalité d’intention générale par le pouvoir politique) ;

§          remplacer la norme par l’agrément (agréer des formules, par exemple pour l’enseignement en alternance, qui émanent des citoyens et de leur engagement ou de leur expérience, plutôt que d’imposer un modèle à suivre).

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Option 2.2. Créer une éducation à la mesure de la société de la connaissance

Action 2.2. Mobiliser l’ensemble de la population pour faire de la Wallonie une société de la connaissance

Le concept de société de la connaissance est encore méconnu en Wallonie. Lorsqu’il est utilisé, c’est le plus souvent pour viser l’utilisation des TIC plutôt qu’en termes d’appropriation permanente des savoirs par chacun.

Nous sommes encore attachés aux modèles périmés de nos parents : l’humanité attend aujourd’hui davantage de solutions techniques aux situations insatisfaisantes que de découvertes fondamentales par la science, la domestication de la nature fait place à la résolution de problèmes de société, l’industrie n’est plus le principal pourvoyeur de richesses, l’obtention d’un diplôme n’est plus une condition suffisante à l’intégration sociale durable, etc.

Préparer la Wallonie aux impacts de la société de la connaissance implique donc une transformation profonde de l’orientation et du fonctionnement de nos systèmes de création et de transmission du savoir : il faut ajouter au savoir scientifique et analytique sur la nature – traditionnellement réservé à une élite scientifique et intellectuelle - un savoir synthétique et technique sur la société – approprié par tous. Un changement d’attitude des citoyens est donc également indispensable, qui doivent développer la capacité et l’envie d’apprendre en permanence dans les domaines qui les intéressent personnellement, mais aussi sur le fonctionnement et les attentes de la société dans laquelle ils vivent.

L’action implique donc :

§          de sensibiliser toutes les composantes de la société aux impacts de la société de la connaissance, par le lancement, orchestré par tous les pouvoirs publics, d’une vaste campagne d’information en continu auprès des jeunes et des parents sur la nécessité d’étudier et de se former en permanence, pour rester pro-actif dans son rôle de citoyen (savoir-être en société) et dans son rôle de professionnel (savoir et savoir-faire techniques),

§          de lancer et de structurer un dialogue ouvert et continu de l’ensemble des composantes de la société pour élaborer, dans le cadre d’un projet de société axé sur la diffusion, l’utilisation et le développement des connaissances, un cahier des charges de l’enseignement et de la formation, décrivant moins les prestations à assurer que les besoins à satisfaire par priorité, et comprenant des indicateurs permettant à chacun de suivre les progrès réalisés dans ces directions,

§          de repenser sur cette base l’ensemble du cycle permanent de l’apprentissage, en commençant par l’université, qui est aussi à la base de la formation des formateurs, pour mettre l’ensemble des institutions ayant une fonction d’apprentissage (y compris l’apprentissage « sur le tas » dispensé par tous les lieux où s’organisent l’action humaine) au service du projet de société, et notamment intégrer l’« apprendre à apprendre » dès le début de l’éducation.

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Option 2.3. Introduire les entreprises à l’école et l’école dans les entreprises

Action 2.3. : Développer l’école nodale

Dans la société de la connaissance, l’apprentissage est permanent. Aujourd’hui, l’apprentissage se réalise en milieu scolaire pour les jeunes, en dehors de celui-ci pour les adultes. La formation permanente reste un parent pauvre du système éducatif.

Il s’agirait donc d’encourager la création et le fonctionnement de lieux d’apprentissage et de formation tout au long de la vie auquel chacun puisse avoir accès, en partenariat avec les acteurs du monde de l’enseignement, du monde socio-économique, du monde associatif. Il faut promouvoir et développer l’organisation de plates-formes telles que réseaux d’échange de savoir, comités de quartier.

Tant pour ouvrir totalement l’école sur le monde extérieur que pour revaloriser celle-ci en tant que centre de développement et de diffusion des connaissances, l’école ghetto doit muter vers une école nodale, lieu ouvert d’échange et de développement de savoir, auquel toutes les catégories sociales peuvent apporter et retirer des connaissances et des compétences, théoriques et pratiques, hors et dans l’action. Vue comme un nœud social et informationnel profondément ancré et relié à toutes les composantes de la société, l’école devient chantier expérientiel, centre de recherche permanente, réseau d’échange d’information et d’expérience, lieu de développement personnel, culturel, social et professionnel. Dans cette optique, chaque école a un rôle multidimensionnel à jouer et organise en son sein un partage entre communautés, territoires, domaines de la connaissance, tout en tissant des échanges constants avec d’autres écoles et d’autres composantes de la vie sociale (entreprises, administrations, artisans et commerçants, centres sportifs et culturels, etc.).

L’école nodale est en train de naître aujourd’hui, à travers de nombreuses initiatives en cours dans l’ensemble de la communauté française. Ces initiatives partent de l’école elle-même, qui lance des projets avec des parents, des employeurs, des autres établissements d’enseignement, etc. D’autres partent de l’extérieur de l’école, celle-ci s’y ralliant et y participant activement, comme le projet qualité pour le Hainaut occidental, ou comme on l’a vu à l’occasion de « Wallonie 2020 ». 

Quelques actions à prendre pour accélérer la mutation de l’école :

§          améliorer le système de discrimination positive pour en faire une véritable politique d’intégration sociale par l’école, en privilégiant les établissements se caractérisant par une grande homogénéité,

§          stimuler et outiller le corps enseignant à développer le travail et la pédagogie par projets transversaux, par des stages hors de l’école, par un appui méthodologique important, par un assouplissement des programmes permettant une plus grande diversité des pédagogies,

§          inciter parents et établissements à offrir aux élèves des opportunités d’immersion dans le monde environnant : participation à des projets citoyens, à des cycles d’études délocalisés (ailleurs en Wallonie ou dans le monde),

§          accroître la responsabilité des élèves et des parents dans le processus d’apprentissage et libérer les enseignants de leur double contrainte d’acteur et d’évaluateur, en séparant l’enseignement de la certification des connaissances et des compétences[1],

§          développer de nouveaux réseaux scolaires en organisant une bourse d’échange et un bureau de montage de projets transversaux  (pour stimuler le développement des relations d’offre et de demande de savoir, d’information, de compétences) et en donnant un soutien privilégié aux projets « verticaux » reliant différents lieux d’enseignement et de recherche entre eux (du local rural au centre de recherche de niveau européen en passant par l’école supérieure) et aux projets horizontaux intergénérationnels reliant des groupes scolaires à des groupes civils ou professionnels.

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Synthèse transversale des propositions et de leur contribution

Actions                       /                Souhaitables

1. Libérer les initiatives / lever les contraintes structurelles

2. Education / soc de la connaissance

3. Ecole / entreprises

1. Promouvoir l’école de l’initiative

Donner l’autonomie aux établissements et aux enseignants pour leur restituer une possibilité d’initiative et de responsabilité, ainsi que d’expérimentation (les élèves qui entrent en primaire aujourd’hui seront adultes en 2020)

 

Rendre enseignants et élèves plus autonomes (liberté = exigence de l’entrepreneuriat) / passer d’une approche réglementaire à une approche fonctionnelle qui définit des objectifs en matière de service à rendre et laisse une autonomie en matière d’utilisation des ressources (a,b,c du N°11.2)!

Mettre les directions et corps enseignant dans une situation dans laquelle ils peuvent montrer l’exemple de l’initiative et de la responsabilité aux élèves

Par l’expérimentation, introduction de moyens pédagogiques préparant à la vie professionnelle tels que la gestion par projets, gestion par objectifs, travail en équipe, évaluation.

2. Mobiliser l’ensemble de la population pour faire de la Wallonie une société de la connaissance

Sensibiliser la population aux impacts de la société de la connaissance, structurer un dialogue ouvert et continu de l’ensemble des composantes de la société pour élaborer un cahier des charges de l’enseignement et de la formation, et adapter ceux-ci aux attentes de la société.

 

La société civile revalorise l’enseignement en définissant ce qu’elle attend de lui dans son intérêt et celui de ses jeunes

 

La réalité des exigences / bienfaits de la société de la connaissance est intégrée par toutes les composantes de la société civile (e.a. les entreprises, les parents, les travailleurs, etc.)

 

L’apprentissage tout au long de la vie transcende et décloisonne les notions d’enseignement et de formation

3. Développer l’école nodale

Encourager la création et le fonctionnement de lieux d’apprentissage et de formation tout le long de la vie, en partenariat entre les acteurs : enseignants, monde associatif, acteurs socio-économiques, etc.ou sont d

 

éveloppés le travail et la pédagogie par projets transversaux

Percer le carcan des habitudes et logiques corporatistes / rapprocher les mondes et les logiques à travers les institutions

Développer un savoir-être dans le réel à côté d’un savoir ou d’un savoir-faire

Processus top-down : on crée un club avec les dirigeants, des grappes d’école (interréseau ?), des expériences de gestion de projet par les élèves.

[1] Ceci est un ajout de ma part… ce point n’a ps été abordé dans le groupe.

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"Wallonie 2020", Cinquième congrès "La Wallonie au futur" -  Institut Jules Destrée - Troisième phase Jean-François Potelle, conseiller Pôle Citoyenneté
9, avenue Louis Huart - B 5000 Namur   Wallonie -
Tél. : +32.81.22.10.42. - Tlc : +32.81.22.64.11.
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Page mise à jour le 23-08-2004

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