"Wallonie 2020", Institut Jules Destrée, Cinquième congrès La Wallonie au futur  

Wallonie 2020 : émergence des nœuds de futur
Rapport transversal des synthèses des quatorze groupes de travail tenus de février à juillet 2002

Groupe des MARIO  – Rapporteur : Luc Simar

Le groupe Mario est initialement constitué de 13 personnes, animateur et rapporteur compris (6 femmes/7 hommes). Le groupe s’est réuni 6 fois à Namur, dont une pour finaliser le rapport. La fréquentation des réunions a sensiblement baissé à partir du mois de mai (50% environ).

 

1. Des constats

La Wallonie est à un tournant, au milieu du gué, elle dispose d’atouts mais aussi de faiblesses. Le groupe a trouvé un relatif équilibre entre les aspects positifs et négatifs,  même si ces derniers prédominent dans la liste des adjectifs ci-dessous.

Certains regroupements sont effectués :

- Le potentiel économique social et culturel de la Wallonie se décline autour des éléments suivants : diversifiée, riche, qualifiée et unique.

Les éléments culturels et de relations sociales sont, en outre, illustrés par : accueillante, familière, petite, humaine, solidaire.

- La Wallonie et les Wallons ont une capacité de résistance : altière, résistante. La liberté est une valeur forte pour les Wallons. Le mouvement collectif a marqué cette résistance.

- La Wallonie est devenue (essentiellement) francophone. La partie germanophone de la Wallonie a quasiment été oubliée.

- La Wallonie se projette dans le futur : interrogative.

- La Wallonie, sur le plan géographique, est trop fermée. Seuls les extrêmes (Nord, Est, Ouest, Sud) sont ouverts comme l’indique le SDER.

- Elle a des difficultés à faire entendre sa voix, à mettre son potentiel en valeur vis-à-vis du monde extérieur : timide, complexée.

- La Wallonie est un peu KO debout : vulnérable, déstabilisée, inquiète.

- La Wallonie a un passé industriel qui, dans son déclin, a laissé des traces physiques et sociales importantes : blessée, meurtrie.

- La Wallonie est confrontée à des problèmes d’organisation et de représentation politique : décapitée, politicarde. Le système est qualifié de féodal. Les clivages et divisions sont forts (piliers politiques, philosophiques, …) : dispersée, éclatée, sous-régionale.

- La Wallonie connaît également des problèmes vis-à-vis du développement durable (économique, social, environnemental) : polluée, non durable, sous-employée.

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 2. Des liens

- La Wallonie est altière, résistante. A plusieurs reprises, elle a été blessée, meurtrie, puis déstabilisée pour finir aujourd’hui timide et complexée.

La Wallonie sait se battre pour tenir, pas pour conquérir.

- Les éléments de blessure se retrouvent sous plusieurs formes : polluée, décapitée, …

Le groupe a notamment mis en avant :

- les pertes d’emplois avec leurs conséquences pour les familles, la souffrance sociale

- les souffrances physiques, les maladies liées à l’industrie, qui sont toujours présentes aujourd’hui

- les effets sur le paysage, l’urbanisation, les friches industrielles

- le manque de confiance

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3. Les nœuds du futur

- Le leadership : la Wallonie n’a pas de leader. Elle est même dotée de structures « anti-leader » , comme le sous régionalisme, les piliers, la complexité du système institutionnel, … Le groupe reste divisé sur la question de savoir s’il faut un leader pour la Wallonie, dans ou en dehors d’elle.

- L’identité  de la Wallonie constitue également un nœud. Le point fort en terme d’identité est la francophonie, avec deux degrés d’ouverture :

- l’un plus étroit : la langue française et la France,

- l’autre plus large, faisant référence à la francophonie de par le monde et la nécessité d’une ouverture aux autres cultures (connaissance des langues).

L’aspect francophone pourrait être un repli, une fermeture. Par contre, avec l’apprentissage des langues, l’ouverture à la coopération, aux autres pays, régions, l’aspect francophone peut constituer un atout, notamment vis-à-vis de l’ensemble de la francophonie, présente sur le globe.

Une partie du groupe a insisté sur la richesse de la culture wallonne, sur la possibilité de la valoriser.

- Un point est revenu quasiment lors de chaque réunion, c’est l’idée d’un projet, d’une vision : la Wallonie sait ce qu’elle ne veut pas, pas ce qu’elle veut. Des outils existent, la Wallonie dispose de nombreux instruments en regard d’autres régions (institutions, compétences, …). Mais malgré cela, il y a une un manque de vision[1] à long terme, suffisamment partagée par la population.

Les Wallons ont fait preuve d’un manque de pragmatisme. Il n’y pas de remise en cause, il est difficile de tourner la page.

Le groupe note aussi un manque d’image de l’action des pouvoirs publics, d’information pertinente, concrète (exemple : affiche « investissements pour les transports doux », qui ne veut pas dire grand chose).

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4. Quelques éléments pour un projet

Le groupe a, lors de plusieurs réunions, mis en évidence le manque de vision, de projet pour la Wallonie, en dehors du « Contrat d’Avenir pour la Wallonie», qui est un projet venu « du haut ». Il propose quelques pistes pour constituer ce projet :

- La dimension culturelle du projet wallon pourrait se baser sur les éléments suivants : cultiver la mémoire wallonne (à l’école), pour que chacun prenne conscience des racines du sol sur lequel il se trouve. Ceci est complémentaire à un contexte multiculturel. Le groupe insiste pour qu’il s’agisse d’une initiation. Il est pour lui hors de question d’imposer l’apprentissage de la langue wallonne. Car cela comporterait des risques importants de repli.

- La dimension paysagère et touristique recèle des atouts à valoriser. Une attention particulière a été portée à l’agriculture, dont le devenir conditionne aussi celui des paysages et donc du tourisme en Wallonie. L’eau a également été citée comme une richesse de la Wallonie.

- La Wallonie doit s’inscrire dans le développement durable, adapter son économie, arrêter la désurbanisation, remettre en question la priorité donnée à la route et à la voiture. Elle doit agir rapidement vis-à-vis des sites d’activités économiques désaffectés, recycler ces terrains.

- L’esprit d’entreprise est perçu comme un élément clé d’un projet pour la Wallonie, de même que la revalorisation des métiers techniques et de l’artisanat.

 

[1] Façon de voir, de concevoir un ensemble de choses complexes (Robert)

"Wallonie 2020", Cinquième congrès "La Wallonie au futur" -  Institut Jules Destrée - 2001-2003  
 
Wallonie 2020

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Page mise à jour le 23-08-2004

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