Institut Destrée - The Destree Institute

               Accueil

Organisation

Recherche scientifique

Education permanente

Conseil

Action

Evénements

 

 

Cette section propose la liste des notices contenues sur le cédérom de l'Encyclopédie du Mouvement wallon. Les notices accessibles en ligne sont datées : le carré jaune indique les mises à jour, le carré rouge signale les nouvelles notices.

Notices biographiques

Notices thématiques

Presse d’action wallonne

Congrès,associations et partis

   

THÔNE René

   

Né à Couillet le 9 août 1894,
décédé à Charleroi le 13 juillet 1968

Étudiant à l’école industrielle supérieure de l’Université du Travail de Charleroi, René Thône s’intéresse très tôt aux problèmes sociaux. Influencé par les Jules Destrée et Paul Pastur, il se consacre entièrement à la défense de sa province d’origine et à la reconnaissance des griefs de la Wallonie. Conseiller communal socialiste de sa ville natale (1921), puis échevin des Finances (1921), il est appelé à siéger au conseil provincial du Hainaut (1921). Âgé de 27 ans, il est alors le benjamin de l’assemblée provinciale. En 1934, il devient député permanent du Hainaut, charge qu’il occupera jusqu’à sa mort. Collaborateur puis successeur de Paul Pastur, pendant plus de trente ans, il sera le chef de file des mandataires socialistes du Hainaut. L’essentiel de son action visera à promouvoir l’enseignement technique, à donner aux cadres et aux ouvriers de l’industrie une formation professionnelle toujours plus poussée. Il présidera une dizaine d’établissements supérieurs du Hainaut.

Président de la fédération de l’arrondissement de Charleroi du POB, membre du bureau national, président du comité permanent des socialistes wallons, René Thône est en outre administrateur et président de nombreuses institutions. Parmi tous ses mandats, il convient de retenir principalement la présidence de l’Université du Travail à Charleroi dès 1938, lorsqu’il succède à Paul Pastur. Sollicité à plusieurs reprises pour exercer de hautes fonctions sur le plan national, René Thône déclinera ces offres et marquera nettement sa préférence pour une action sur le plan régional mais surtout provincial. Rien de vraiment étonnant à cela ; n’est-ce pas René Thône qui avait déclaré, lors du congrès wallon de Charleroi en 1946, en réponse à Marcel Philippart qui se disait belge d’abord : Pour moi, Wallon, ma patrie, c’est la Wallonie !

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, René Thône se retrouve sur les routes de l’exode. De retour au pays de Charleroi, il s’engage dans le mouvement de la Wallonie libre clandestine. Membre de son directoire, dès 1941, il est l’un des principaux dirigeants de ce mouvement wallon de résistance. Il participe aussi aux travaux du Rassemblement démocratique et socialiste wallon, où il siège sous le pseudonyme de Cavalier (1942-1943). Ce mouvement prévoit la création d’une république wallonne, étape vers un système économique et défensif commun avec la France, ainsi que, sur le plan économique, l’abolition des classes privilégiées, la socialisation des trusts, des industries monopolisées, des banques et des assurances. En février 1943, il est l’un des fondateurs du Conseil économique wallon carolorégien, avec Max Drechsel, Maurice Bologne, Octave Pinckers, Jules Hiernaux et Aimée Lemaire. Cofondateur de l’Association pour le Progrès intellectuel et artistique de la Wallonie, il participe aussi à la préparation du congrès wallon de l’après-guerre.

Avant le congrès national wallon qui doit se tenir à Liège, les 20 et 21 octobre 1945, René Thône annonce, dans Wallonie libre (septembre), comment, à ses yeux, le congrès devrait idéalement se dérouler. Après avoir entendu toutes les opinions, le congrès devrait se prononcer en faveur de l’intégrité française de la Wallonie (pour faire obstacle définitivement au bilinguisme) et en faveur d’une solution d’autonomie dans le cadre belge. Cette formule prouverait que le Mouvement wallon n’est pas séparatiste et qu’il entend trouver une solution interne à la Belgique. Quant à la deuxième journée du congrès, elle devrait déterminer les modalités de cette autonomie. Ce sont ces idées qu’il défend à la tribune du congrès wallon ; René Thône défend aussi la thèse de l’autonomie et du fédéralisme, mais surtout il conteste la méthode de vote proposée (sentimental, puis de raison). Il demande aussi qu’une position soit prise clairement et massivement contre la structure unitaire belge. Favorable à l’autonomie de la Wallonie dans le cadre belge, il fait l’éloge de l’action du mouvement de la Wallonie libre qu’il considère comme capital dans la lutte pour la libération des Wallons. Il assure aussi que la Wallonie libre adoptera la position décidée par le Congrès national wallon, quelle qu’elle soit.

Au lendemain du congrès, René Thône fait partie de la Commission des Questions institutionnelles présidée par Fernand Dehousse et chargée de définir le concept d’autonomie de la Wallonie dans le cadre de la Belgique. Lors du congrès wallon de 1946, il est rapporteur de la commission des résolutions qui se prononce en faveur du fédéralisme et reconnaît aux habitants de l’agglomération bruxelloise le droit de fixer eux-mêmes leur statut particulier dans le cadre belge.

Membre du Conseil d’administration du Congrès national wallon de la Radiodiffusion, membre du Comité permanent du Congrès national wallon (1945-1950), René Thône présente un rapport sur l’autonomie culturelle devant les congressistes réunis à Liège, les 1er et 2 octobre 1949. Il s’en prend notamment fermement à l’obligation du bilinguisme et défend une idée qui lui est chère : l’intégrité française de la Wallonie. En 1948, il est l’un des douze membres non parlementaires désignés par la Chambre pour siéger au Centre Harmel (1948-1958). Il ne participe cependant qu’à une seule réunion de la section politique. Président de la section de Couillet de Wallonie libre (1945), membre du comité de sa régionale de Charleroi (1946-1951), député permanent du Hainaut, il renoncera petit à petit à son activité au sein du Mouvement wallon en raison de ses mandats politiques mais, disciple de Jules Destrée et de Paul Pastur, René Thône mettra ses fonctions provinciales à profit pour faire ériger une statue en l’honneur de Jules Destrée à Charleroi, en 1956. Au moment de la Grève contre la Loi unique, René Thône assure depuis quelque temps la fonction de gouverneur du Hainaut ad interim. Alors que le gouvernement lui intime l’ordre de réquisitionner l’armée, René Thône s’y refuse, est appelé à Bruxelles et destitué de ses fonctions par le ministre de l’Intérieur, Léon Lefèvre.
 

Au début des années soixante, le président de la Fédération du Hainaut du Parti socialiste belge est l’un des deux négociateurs wallons du PSB, chargés de discuter avec le PSC les accords de la Table ronde. Guidé par le Compromis des socialistes adopté en 1963, il contribuera à la rédaction de cet accord qui, rejeté unanimement par le Mouvement wallon, prévoyait notamment la déconcentration et la décentralisation des pouvoirs de l’exécutif, faisant la part belle aux provinces.
 

 Paul Delforge

 

 

L'Institut Destrée L'Institut Destrée,
ONG partenaire officiel de l'UNESCO (statut de consultation) et 
en statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social
des Nations Unies (ECOSOC) depuis 2012
  The Destree Institute The Destrée Institute,
NGO official partner of UNESCO (consultative status) and 
in Special consultative status with the United Nations Economic
and Social Council (ECOSOC) since 2012 

www.institut-destree.eu  -  www.institut-destree.org  -  www.wallonie-en-ligne.net   ©   Institut Destrée  -  The Destree Institute