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MAGIS Alfred

   

Né à Liège le 7 février 1840,
décédé à Liège le 3 décembre 1921

Après des humanités classiques à l’Athénée de Liège, Alfred Magis obtient brillamment les diplômes de docteur en droit (1861) et en sciences politiques et administratives (1863) à l’Université de Liège. Il est inscrit comme avocat à la Cour d’appel de Liège de 1861 à 1882 et exerce de nombreux mandats de commissaire ou d’administrateur dans d’importantes sociétés bancaires, financières ou industrielles liégeoises. Âgé de 32 ans, il est choisi par les Liégeois pour les représenter au conseil communal de leur ville. Quelques mois plus tard, il est désigné comme échevin de l’instruction publique (21 août 1873 – avril 1884). En octobre 1882, il est appelé à remplacer le député D. Mouton décédé, sur les bancs de la Chambre. Il y siège durant dix années avant d’être désigné au Sénat, le 4 avril 1893. Représentant du parti libéral, il prend volontiers part aux discussions parlementaires relatives aux budgets, notamment celui de l’instruction publique. Partisan de la neutralité en matière d’éducation, partisan de garantir la plus grande liberté de décision et d’action possible tant aux individus qu’aux sociétés, il s’oppose à toute réglementation permettant l’intervention de l’État. Dans cet esprit, s’inscrivant manifestement dans un courant libéral manchestérien prononcé, il s’oppose notamment à plusieurs projets de loi visant l’amélioration des conditions ouvrières. Son opposition aux libéraux progressistes et aux socialistes est évidente ; elle apparaît notamment dans son refus absolu d’accorder le suffrage universel, même tempéré par le vote plural. En matière économique, il est évidemment libre-échangiste. En matière militaire, il est partisan du service militaire personnel et obligatoire.

En 1882, lorsque Jules Wilmart fonde la Ligue wallonne de Bruxelles – ville où il s’est établi pour raisons professionnelles –, il entend lutter contre une proposition des députés Delaet et Coremans visant à l’introduction du flamand dans l’enseignement moyen. Dans ce débat intervient aussi, de façon très remarquée, le député libéral liégeois Alfred Magis (1883). C’est pour cette raison que, pendant de longues années, le libéral René Pouret accordera à Alfred Magis la paternité du Mouvement wallon.

Sénateur depuis 1893, Alfred Magis perdra son mandat en 1900 mais sera appelé à remplacer G. Montefiore démissionnaire. Actif lors des débats sur l’emploi des langues à l’armée et dans l’enseignement primaire, le parlementaire liégeois ne manquera pas d’attirer l’attention sur les griefs wallons. Magis poursuivra ses fonctions jusqu’au 24 novembre 1920, jour où il démissionne. Son mandat est alors exercé par Joseph-Maurice Remouchamps.

 Paul Delforge

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Mise à jour le 17-07-2007

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