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Doutrepont Auguste 

    Né à Herve le 6 décembre 1865, décédé à Liège le 22 mars 1929

Auguste Doutrepont est issu d’une famille spécialisée dans la fabrication de chaussures. Après ses humanités au Collège Marie-Thérèse de sa ville natale, il poursuit ses études à l’École normale de Liège où il est l’un des premiers étudiants de Maurice Wilmotte qui inaugure, en Belgique, l’enseignement de la philologie romane. Pendant trois années, à compter de 1888, Auguste Doutrepont achève sa formation à Florence, Paris et Halle. En 1891, il entame sa carrière universitaire à l’Université de Liège où, pendant presque quarante ans, il enseigne notamment l’histoire de la littérature française et des littératures romanes, la grammaire historique du français, l’encyclopédie de la philologie romane.

Frère de Georges, lui-même philologue et professeur à l’Université de Louvain, A. Doutrepont épouse une fille Couturier, elle aussi de Herve ; ils ont eu deux fils. Au cours de sa carrière professorale, Doutrepont est nommé, en 1896, membre titulaire de la Société de Littérature wallonne, dont il assume la présidence de 1918 à 1928, succédant à Victor Chauvin. En 1920, sous le ministère de Jules Destrée, est fondée l’Académie de Langue et de Littérature françaises ; Auguste Doutrepont y siège dès l’origine et y est nommé directeur pour l’année 1926. Cette même année, la Commission de Toponymie et Dialectologie voit le jour ; Doutrepont en fait également partie et est chargé de la rédaction de la Bibliographie wallonne à paraître dans le Bulletin de l’association. En 1928 enfin, il préside la Commission du Musée de la Vie wallonne.

L’attachement d’Auguste Doutrepont pour la Wallonie se manifeste encore à un autre niveau : il s’engage dans le Mouvement wallon qui s’organise. Au Congrès wallon de 1913, il est chargé d’un rapport portant sur les Encouragements à la littérature et à la philologie wallonnes. En octobre 1912, il est l’un des très rares catholiques parmi les membres fondateurs de l’Assemblée wallonne et l’année suivante, il préside la séance tenue par cette dernière, à Liège, le 13 novembre. Représentant de l’arrondissement de Verviers, il restera membre de l’Assemblée jusqu’à sa mort en 1929. Fondateur de la section de Herve de la Ligue wallonne de Verviers (1914), membre du Comité d’Action wallonne de Verviers (1914), il est aussi membre de la Ligue wallonne de l’arrondissement de Verviers (1919-1929) et collabore à L’Almanach wallon (1923). Enfin, il est en relation avec Élie Baussart qui tente, dès avant que n’éclate la Première Guerre, de sensibiliser les catholiques wallons à la question communautaire et au Mouvement wallon.

Au lendemain de l’Armistice, le groupe liégeois de l’Assemblée wallonne se réunit et publie un Manifeste (décembre 1918) qui évoque les griefs wallons. Alors que la Flandre est libérée et sans attendre que la Wallonie soit évacuée par l’ennemi, s’est constitué un nouveau gouvernement belge et les Chambres se sont réunies. Le nouveau gouvernement ne comprend pas trois Wallons sur ses douze membres, et aucun qui a pris explicitement la défense des Wallons ; de plus, le gouvernement a annoncé la création prochaine d’une université flamande à Gand, a déclaré admettre le principe du bilinguisme et de l’imposer au pays. Auguste Doutrepont est l’un des quinze signataires de cette vive protestation.

 

Micheline Libon

 

 
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Mise à jour le 17-04-2012

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