Photo Institut Jules-Destrée (Droits SOFAM) - Armand Rassenfosse Armand Rassenfosse

Peintre réaliste
Liège 06.08.1862 - Liège 28.01.1934

Ce texte est extrait de l'ouvrage
Cent Wallons du siècle
Institut Jules Destrée,
Charleroi, 1995
Index

Après ses humanités anciennes, Armand Rassenfosse entre dans la société familiale, un commerce d'objets d'art. Tout à fait autodidacte, il va se forger une solide réputation de dessinateur, graveur, illustrateur et affichiste. Abandonnant le commerce, il s'associe avec l'imprimeur français Auguste Bénard et devient administrateur et directeur artistique de cette imprimerie qui se classera désormais parmi les spécialistes du beau livre illustré (1890-1914). Son atelier, installé dans sa maison, est un lieu de rencontre et de conversation très prisé par des amis artistes, poètes, écrivains, peintres (Albert Mockel, Auguste Donnay...)

Artiste lui-même, il débute par le dessin puis, se sentant sûr de lui, il se lance dans la gravure (1883). Des eaux fortes d'abord. Adrien de Witte le guide. Avec Rops, qu'il rencontre à Paris en 1886, il élabore un procédé de vernis mou, transparent et résistant, baptisé Ropsenfosse. Mais ce n'est là qu'une péripétie car Rassenfosse est un ingénieur de la gravure, tant ses recherches tendent vers un aspect scientifique de la question.

Il publie plusieurs de ses estampes (1892) puis, usant de toutes les techniques de la gravure qu'il maîtrise à la perfection, il réalise les illustrations des Fleurs du Mal de Charles Beaudelaire (1897). Un succès retentissant l'attend au terme de ses deux années de travail.

Il maîtrise parfaitement les divers procédés de la gravure en taille douce, combine les techniques et s'exerce avec le même succès à l'art de la lithographie. Au sein d'un groupe liégeois, Rassenfosse revalorise l'art de l'affiche, un art fragile et peu durable dont rares sont les témoins qui nous sont restés bien que suffisants pour juger de la qualité atteinte.

C'est tardivement que Rassenfosse arrive à la peinture à l'huile (1897-1900). Après des paysages de style impressionniste (1900-1910), il fera de la femme (une femme différente de celles représentées par Rops) le principal sujet de peintures réalisées sur carton recouvert de cire d'abeille (1910-1913). L'élément oriental s'installe ensuite dans le décor puis occupe totalement la composition (1913-1915). A partir de 1916, une rupture le conduit vers l'expressionnisme puis, dès 1930, l'étude de nu devient un prétexte à des compositions d'allure symboliste. A sa mort, il laisse pas moins de 1430 oeuvres gravées et 162 oeuvres peintes, sans évoquer les affiches.

Cent Wallons du siècle, Catalogue de l'exposition, Charleroi, Institut Jules-Destrée, 1995. Graphisme couverture : Roger Potier

 
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Mise à jour le 20-09-2007

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