Photo Institut Jules-Destrée (Droits SOFAM) - Pol Bury  Pol Bury

Sculpteur abstrait
Haine-Saint-Pierre 26.04.1922 -

Ce texte est extrait de l'ouvrage
Cent Wallons du siècle
Institut Jules Destrée,
Charleroi, 1995
Index

Après des études à l'Académie de Mons, Pol Bury rencontre Achille Chavée, le maître à penser du surréalisme dans le Hainaut, et fréquente les membres du groupe surréaliste Rupture (en 1938) auquel il adhère. L'artiste louviérois découvre Magritte et Tanguy, participe à l'exposition internationale du Surréalisme en 1945. En 1947, il se laisse gagner par l'abstraction. Il rencontre Dotremont et, avec Alechinsky, est un des fondateurs du groupe Cobra.

En 1953, il abandonne la peinture, découvre l'oeuvre de Calder et, attiré par le mouvement, crée des Plans mobiles mus par des moteurs. Désormais (en 1957) le mouvement, ou plus précisément ses lenteurs, sera au centre de ses préoccupations (Multiplans). La même année, il crée, avec André Balthazar, l'Académie de Montbliard d'où sortira plus tard le Daily Bul. Considéré comme le père du cinétisme, de l'oeuvre en mouvement, un mouvement lent, symbole de la précision et du calme d'une méditation en action, il utilise comme matériaux tant le bois, le liège, l'inoxydable que le cuivre.

En 1961, il présente sa première exposition personnelle à Paris.

Trois ans plus tard, il découvre New York et les Etats-Unis qui le fascinent, et où il se rend fréquemment : notamment pour enseigner six mois à l'Université de Berkeley et trois mois au College of Art and Design de Minneapolis.

De 1970 à 1972 sont organisées deux grandes rétrospectives de son oeuvre qui circulent, la première à travers les principaux musées américains, la deuxième à travers ceux d'Europe. C'est de cette époque aussi que date une oeuvre gigantesque illustrant l'art d'utiliser des boules-billes. Le Monument horizontal dédié à douze mille billes (1971) est un grand tambour muni d'aimants, à la surface duquel dérivent des milliers de grains argentés, se tamponnant, s'accolant, se séparant selon les appels magnétiques. Ce mouvement lent apporte ainsi des variations à l'infini, selon la lumière et l'environnement. Cet exemple n'est qu'une des facettes de l'oeuvre moderne, originale et multiple de Bury. En effet, au milieu des années 70, il réalise sa première fontaine hydraulique et, depuis lors, utilise l'eau pour déséquilibrer l'équilibre instable de volumes d'acier. Ecrivain, critique d'art, pamphlétaire, poète, il crée aussi des bijoux et réalise plusieurs courts métrages expérimentaux.

Cent Wallons du siècle, Catalogue de l'exposition, Charleroi, Institut Jules-Destrée, 1995. Graphisme couverture : Roger Potier

 
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Mise à jour le 20-09-2007

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